65, Hautes Pyrénées

Occitanie

Plongée dans un métier #1

vendredi 1er mars / libellé : Engagements par Elise TROUVE-BUISSON

La médiation scientifique et sociale vue des Hautes-Pyrénées.
Aux Petits Débrouillards Occitanie, nous avons la chance de compter dans l’équipe 8 personnes occupant des postes un peu particuliers… Leur métier : la médiation scientifique et sociale au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Cela signifie qu’ils et elles oeuvrent tout au long de l’année sur ces microterritoires avec les habitant.e.s, les structures d’animation socioculturelles, les associations locales et bien sûr les institutions, pour développer des actions débrouillardes. En filigrane de cette présence, iels ont un objectif général : (re)créer des liens.

Mais sur ce grand territoire qu’est la région Occitanie et avec un public de 3 mois à 113 ans, leurs réalités quotidiennes sont très (très très) diverses. Cette année, nous avons demandé à deux d’entre eux.lles de nous parler un peu de leur métier et de la nuance qu’il revêt sur leur territoire d’action.


Avant tout un grand merci et bravo collectif à Geoffrey Undereiner (Nîmes), Stéphanie Rasquin (Tarbes et Lourdes), Antoine Tarrius (Perpignan), Nolwenn Leboyer, Véronique Ribeiro et Maxime More-Chevalier (Montpellier) pour leur travail, ainsi qu’à Marie Huijbregts (Toulouse) et Pierre Fiscus (Petite Camargue) qui viennent de prendre leur mission de médiation !
Avec l’approche particulière que leur confère leur métier et grâce au professionnalisme et à l’humanité qu’iels y insufflent, iels contribuent à faire évoluer nos pratiques et notre mouvement d’éducation populaire. Une pensée également à Olivier Boulay, qui a énormément apporté à l’approche petits débs de la médiation à Montpellier.
Nous remercions le Commissariat Général à l’Egalité des Territoires, partenaire extrêmement précieux dans ce travail au long cours.


Stéphanie Rasquin, médiatrice pluriquartiers basée à Tarbes

Stéphanie a intégré les Petits Débrouillards en octobre 2016, après plus de 20 ans passés dans le secteur de l’animation socio-culturelle, de l’animation à la direction d’accueils de loisirs. Au sein de l’équipe des Hautes-Pyrénées, elle travaillent sur 4 quartiers entre Tarbes : Mouysset et Bel-Air, et Lourdes : L’Ophite et le Grand Lannedaré (qui se compose lui-même de 4 petits quartiers).



- Comment définis-tu la médiation sociale ?

Pour moi la médiation sociale, ça signifie créer du lien sur les territoires. En tant que médiatrice, je suis le trait d’union entre habitants, mais également entre eux et les associations ou les institutions. Je les aide dans leurs démarches, mais mon objectif c’est de leur donner les outils pour qu’ils puissent les faire tous seuls. En fin de compte, à long terme, ce que je cherche c’est l’autonomisation des habitants, même si le fait de l’atteindre remetterait paradoxalement mon emploi en question !
C’est dans ce sens qu’on travaille énormément avec l’équipe sur la participation citoyenne et celle des habitants. On passe d’une logique où je propose des projets autour des sciences à une logique où je réponds aux sollicitations directes des habitants sur des projets qu’ils souhaitent mener : en les accompagnant, en fournissant des outils, mais avant tout en fonction de ce qu’ils ont envie et de comment. De la médiation facilitatrice en somme !


- Qu’apportent les Petits Débrouillards à la médiation sociale ? Et quelles sont les spécificités de la médiation scientifique et sociale ?

Tout le volet scientifique des Petits Débrouillards devient un outil, un prétexte car il provoque l’intérêt et la curiosité. Cela nous permet d’approcher les gens et de se faire connaître, identifier, ce qui est crucial dans notre métier. Les petits débs apportent aussi l’approche éducation populaire – avec une forte dimension de participation citoyenne donc – et une culture de l’esprit critique, ce qui n’est pas forcément le cas pour toutes les structures. Bref, nous sommes agitateurs de méninges et cela plaît ! Et puis il y a toujours cette recherche d’autonomisation. Par exemple, sur un des quartiers où je travaille, nous avons impulsé un projet autour de l’urbanisme avec les enfants afin qu’ils construisent eux-mêmes une maquette de leur quartier. Pour cela nous avons mis à leur disposition un outil : une malle scientifique autour de l’architecture. Après avoir construit cette maquette, les enfants se sont saisis de l’outil malle et se l’ont complètement appropriée, d’abord pour créer un quartier imaginaire, puis pour réfléchir à l’électricité dans ce quartier.
Le projet proposé par l’association est devenu le leur et ça c’est une belle réussite, particulièrement dans un contexte de forte interculturalité.


- Et justement, en quoi la médiation sociale transforme aussi les pratiques des Petits Débrouillards ?

Elle change fondamentalement le fonctionnement de notre antenne en nous permettant de développer des liens à long-terme avec les publics. On passe donc d’une logique plutôt d’interventions à une logique où nous affinons les projets sur lesquels nous travaillons pour mieux répondre aux besoins et envies des habitants.
Le lien que j’entretiens avec les publics est en conséquence très différent. Maintenant, j’ai un noyau dur de participants, qui viennent aux ateliers proposés, et pour lesquels ma présence est un point de repère. Je fonctionne comme une charnière entre les quartiers et l’association ! Et les publics avec lesquels je travaille sont bien plus variés, notamment en termes d’âge : du bébé de 3 mois qui est amenée par sa fratrie lors de la Cité Débrouillarde (animations scientifiques libres et gratuites en bas des immeubles en quartier prioritaire, en période de vacances scolaires) et qu’il faut prendre en charge au même titre que ses frères et sœurs, jusqu’aux parents ou grand-parents avec qui on discute à côté de l’animation.
Du coup cela a transformé la logique de la Cité Déb : je m’occupe d’un coin petits - nattes au sol, coin coloriage ; et d’un coin grands - café, discussions et médiation. Et deux animateurs petits débs s’occupent eux des activités scientifiques pour la tranche des 6-12 ans.
Cela me permet d’allier animations scientifiques et médiation avec les parents dans ces moments de convivialité essentiels et de connaissance. Pour diagnostiquer, créer du lien, désamorcer les tensions... Et avec l’objectif d’avoir de plus en plus de parents qui participent aussi aux animations.

Au final, c’est un travail dans lequel on se régale : avec une grande autonomie, la confiance des partenaires (merci d’ailleurs au GIP politique de la ville, au CGET et à la préfecture des Hautes-Pyrénées) sans lesquels notre mission serait autrement plus ardue. De nouveaux projets ne cessent de germer, les prochains dans les Hautes-Pyrénées permettront de travailler la mobilité : interquartiers, intervilles, coopération urbaine/rurale.
Bref, ça va continuer à bouger et à germer !

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