34, Hérault

Occitanie

Plongée dans un métier #2

jeudi 21 mars / libellé : Engagements par Elise TROUVE-BUISSON

La médiation scientifique et sociale vue de l’Hérault.
Aux Petits Débrouillards Occitanie, nous avons la chance de compter dans l’équipe 8 personnes occupant des postes un peu particuliers… Leur métier : la médiation scientifique et sociale au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Cela signifie qu’ils et elles oeuvrent tout au long de l’année sur ces microterritoires avec les habitant.e.s, les structures d’animation socioculturelles, les associations locales et bien sûr les institutions, pour développer des actions débrouillardes. En filigrane de cette présence, iels ont un objectif général : (re)créer des liens.

Mais sur ce grand territoire qu’est la région Occitanie et avec un public de 3 mois à 113 ans, leurs réalités quotidiennes sont très (très très) diverses. Cette année, nous avons demandé à deux d’entre eux.lles de nous parler un peu de leur métier et de la nuance qu’il revêt sur leur territoire d’action.


Avant tout un grand merci et bravo collectif à Geoffrey Undereiner (Nîmes), Stéphanie Rasquin (Tarbes et Lourdes), Antoine Tarrius (Perpignan), Nolwenn Leboyer, Véronique Ribeiro et Maxime More-Chevalier (Montpellier) pour leur travail, ainsi qu’à Marie Huijbregts (Toulouse) et Pierre Fiscus (Petite Camargue) qui viennent de prendre leur mission de médiation !
Avec l’approche particulière que leur confère leur métier et grâce au professionnalisme et à l’humanité qu’iels y insufflent, iels contribuent à faire évoluer nos pratiques et notre mouvement d’éducation populaire. Une pensée également à Olivier Boulay, qui a énormément apporté à l’approche petits débs de la médiation à Montpellier.
Nous remercions le Commissariat Général à l’Egalité des Territoires, partenaire extrêmement précieux dans ce travail au long cours.

Maxime More-Chevalier, 6 ans de présence et d’actions sur le Quartier Petit Bard-Pergola à Montpellier

Maxime More-Chevalier a intégré les Petits Débrouillards depuis 9 ans. Avant ca, il a mếlé étude et boulot. Son parcours universitaire l’a mené à un master en science des procédés en agro-environnement à Montpellier à la suite duquel il a travaillé dans différents cadres : projets personnels (filière traitements des eaux, filière méthanisation) bureau d’étude (Orchis Eaulogie), insectarium de l’INRA, réseau associatif (APIEU (CPIE de Montpellier)), puis est rapidement tombé dans la marmite Petits Déb... sensible aux possibilités de formation interne et à l’ouverture du réseau. Il travaille comme médiateur social et scientifique sur le quartier prioritaire politique de la ville du Petit Bard-Pergola depuis 6 ans.



- Comment définis-tu la médiation sociale ?

La médiation, au-delà de sa définition de processus de réconciliation, pour moi c’est une forme d’entraide, des humains au service d’autres humains, qui peuvent être isolés et éloignés de dispositifs de droit commun et qui peuvent avoir besoin d’aide pour mieux connaître leurs droits et... devoirs de citoyens. C’est un moyen de créer du lien pour favoriser l’autonomie. C’est aussi entrer dans un cadre dont les objectifs sont très forts : cohésion sociale, égalité des chances et des territoires… Et donc par ce biais, de répondre à une forme de justice sociale.
Avec le soutien du CGET et de la CAF, je travaille sur le quartier du Petit Bard-Pergola dont la population est en majorité d’origine marocaine et rurale. Le quartier a vu un changement de sa superficie en 2015 lors du renouvellement du contrat de ville, avec l’intégration de 2000 nouveaux habitants aux 5000 préalablement concernés. La phase de renouvellement urbain arrive à sa finalisation, elle était attendue et nécessaire. Elle pose à présent la question de l’impact qu’elle aura à long terme sur la population.


- Qu’apportent les Petits Débrouillards à la médiation sociale ? Et quelles sont les spécificités de la médiation scientifique et sociale ?

Avant tout, les ?=+ apportent une ouverture vers des publics variés avec la volonté de l’aller vers... Qui est possible grâce à l’accroche sciences et techniques débrouillardes, une pédagogie qui laisse la place à l’appropriation (ne pas faire à la place de). Quand cela aboutit, l’aller vers fonctionne à double sens et permet même l’apprendre à faire faire... en s’amusant, (du moins c’est l’objectif...) ! La recherche d’autonomie et d’émancipation est permanente !
Mais cette aller vers se construit d’abord grâce à la connaissance du territoire sur lequel on intervient, et se fait quasi systématiquement en partenariat avec des référents (habitants, associations...) qui apportent une légitimité.
Ensuite, cette ouverture rend possible la création de réseaux sociaux qui rassemblent des gens de cultures et de milieux sociaux différents. On le retrouve à plusieurs échelles : sur le quartier, entre quartiers, entres villes, entre milieux ruraux et urbains... On parle de décloisonnement social qui peut concerner aussi bien des associations, des habitants, des institutions, des collectifs...Les petits debs tentent de créer des ponts entre des mondes qui naturellement ne se côtoient pas ou trop peu, comme par exemple les acteurs de l’éducation (enfants, parents, Education nationale, tuteurs…) et les acteurs scientifiques, qui a notamment été mise en valeur lors des assises Sciences-Sociétés en juillet 2017.
A notre petite place de médiateur, on essaye d’encadrer des jeunes, des familles sans les contraindre. On se détache ainsi du suivi administratif. On est à cet égard, complémentaire de structures spécialisées dans l’accompagnement personnalisé. Tourné avant tout vers le collectif, on met en place des outils d’animation qui favorisent la dynamique de groupe. L’idée étant d’entretenir en permanence le sentiment de confiance qui construit la relation entre l’animateur et le public et, au sein du public pour que la motivation devienne collective.
Les Petits Débrouillards apportent enfin leur participation à la conception d’outils de médiation. Comme par exemple la participation, à des ateliers d’échange de pratiques, aux Journées Citoyennes au ministère de la ville, aux partages de réflexion sur les conventions d’adulte-relais via les bilans annuels d’activité, ou en proposant des formation auprès des travailleurs sociaux, ou encore en formant en interne nos futurs médiateurs ! Mises bout à bout, toutes ces actions mettent ainsi en relation l’animation scientifique et la médiation sociale, l’une au service de l’autre.


- Et justement, en quoi la médiation sociale transforme aussi les pratiques des Petits Débrouillards ?

On peut d’abord rappeler que la médiation sociale fait partie intégrante du projet des Petits débrouillards, elle s’est matérialisée par la naissance des cités débs La science en bas de chez toi (animations scientifiques libres et gratuites au pied des immeubles en quartier prioritaire pendant les vacances scolaires) il y a environ une vingtaine d’année, avec la prise de conscience de la possibilité et de la nécessité de se tourner vers d’autres publics. Et pour cela, le besoin d’adopter d’autres pratiques. Donc à la fois un renouvellement pédagogique et de publics avec les quartiers populaires et prioritaires. Il s’agissait également d’une opportunité partenariale forte.

La médiation sociale vécue aujourd’hui par les médiateurs en poste sur des territoires spécifiques transforme radicalement notre pratiques débrouillardes puisqu’elle donne la possibilité d’agir enfin sur le long-terme ! Cela signifie, développer des rapports pérennes non plus uniquement avec des associations mais surtout directement avec les habitants des quartiers investis. L’animation scientifique (le coeur de métier des petits débs) devient de fait un support à la médiation sociale. En retour celle-ci nous permet de questionner la forme et le fond de nos activités, de nous reconcentrer sur la pertinence de nos contenus, de nos outils, de nos pratiques. Cela recentre l’activité même des Petits Débrouillards, en mettant face à face : problématique d’utilité sociale et questionnement scientifique. La médiation apporte ainsi une réponse politique à notre projet d’éducation populaire. La médiation est alors un terrain d’expérimentation et de militantisme passionnant : en construisant de nouveaux projets autour de la recherche action, on progresse des sciences participatives aux sciences citoyennes !

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